En bref
- La cuve de récupération de l’eau de pluie peut être installée hors-sol ou enterrée selon les besoins et le budget.
- L’usage de l’eau de pluie pour le jardin ne nécessite aucune autorisation, contrairement aux usages domestiques intérieurs.
- Une pompe pour alimenter le réseau d’eau devient nécessaire pour les installations enterrées et les usages sous pression.
- Le système de récupération de l’eau de pluie doit respecter une séparation stricte avec le réseau d’eau potable.
Les usages autorisés de l’eau de pluie
L’utilisation de l’eau de pluie pour l’usage domestique extérieur reste libre et sans contrainte. L’arrosage du jardin, le lavage de la voiture, le nettoyage des terrasses et l’alimentation des bassins d’ornement constituent les applications les plus courantes. L’eau de pluie, dépourvue de chlore et naturellement douce, convient parfaitement à ces usages.
Pour les usages intérieurs, la réglementation encadre strictement l’utilisation. Il est autorisé d’alimenter les toilettes, le lave-linge et les points de nettoyage des sols avec de l’eau de pluie filtrée. En revanche, il est interdit d’utiliser cette eau pour la cuisine, la salle de bain ou tout usage alimentaire. La chasse d’eau alimentée par l’eau de pluie représente l’usage intérieur le plus répandu, permettant d’économiser environ 20 % de la consommation domestique.
Il convient de noter que l’eau de pluie ayant ruisselé sur des toitures en amiante-ciment ou contenant du plomb ne peut être utilisée. De même, l’ajout de produits antigel dans la cuve de récupération de l’eau de pluie est formellement interdit.
Choisir entre une cuve hors-sol et enterrée
Le récupérateur d’eau de pluie hors-sol convient aux budgets limités et aux installations simples. Ces cuves, d’une capacité de 200 à 1 000 litres, s’installent facilement au pied d’une descente de gouttière. Elles nécessitent un sol plat et stable, ainsi qu’une protection contre le gel en hiver. Le coût d’achat varie de 50 à 500 euros selon la capacité et les équipements.
La cuve enterrée pour la récupération d’eau offre une capacité supérieure, de 3 000 à 20 000 litres, et une discrétion totale. Cette solution permet d’alimenter la maison équipée d’un système de récupération d’eau pour les usages intérieurs. L’installation nécessite des travaux de terrassement et l’intervention d’une pompe immergée. Le coût global, incluant la cuve et la pose, varie de 3 000 à 5 000 euros.
Les cuves IBC de 1 000 litres constituent une alternative économique, disponibles entre 70 et 150 euros d’occasion. Ces conteneurs industriels nécessitent une vérification de leur provenance alimentaire et l’ajout d’une protection UV et d’un système de filtration adapté.
L’installation du récupérateur d’eau de pluie hors-sol
La préparation du sol constitue la première étape. Il faut créer une surface plane et stable, capable de supporter le poids de la cuve pleine. Une couche de sable ou de gravillons de 5 à 10 centimètres assure une assise correcte. La pose d’une dalle en béton ou de parpaings répartit mieux le poids pour les cuves de grande capacité.
Le raccordement à la gouttière s’effectue par l’installation d’un collecteur filtrant qui retient les feuilles et débris. Ce dispositif se place sur la descente de gouttière et dirige l’eau vers la cuve. Il est recommandé de prévoir un système de dérivation pour écarter les premières eaux de ruissellement, souvent chargées en impuretés.
L’équipement de la cuve comprend l’installation d’un robinet de puisage en partie basse, d’un trop-plein raccordé au réseau d’évacuation des eaux pluviales et d’un couvercle hermétique. Ce dernier évite le développement d’algues, l’intrusion d’insectes et la prolifération de moustiques. L’installation d’un récupérateur d’eau de pluie hors-sol peut généralement être réalisée en une journée.
L’installation d’une citerne d’eau de pluie enterrée
Le choix de l’emplacement détermine la réussite de l’installation. Il faut éviter le passage de véhicules au-dessus de la cuve et respecter une distance minimale de 1,20 mètre par rapport aux fondations de la maison. Le terrain doit être accessible pour les engins de terrassement et exempt de réseaux enterrés.
Le creusement de la fosse nécessite des dimensions supérieures de 20 à 30 centimètres à celles de la cuve. La profondeur doit permettre l’enfouissement complet de la citerne tout en conservant un accès pour la maintenance. La location d’une mini-pelle facilite considérablement cette étape.
La dépose de l’eau de pluie dans la cuve s’organise autour de plusieurs raccordements. L’arrivée d’eau depuis les gouttières doit présenter une pente de 1 centimètre par mètre pour assurer l’écoulement. Le trop-plein se raccorde au réseau d’eaux pluviales ou vers un point d’évacuation naturel. Le remblayage s’effectue progressivement avec du sable, en remplissant simultanément la cuve d’eau pour équilibrer les pressions.
Le système de filtration de l’eau de pluie
La filtration primaire s’effectue dès la collecte grâce aux gouttières équipées de grilles et aux collecteurs filtrants. Ces dispositifs retiennent les feuilles, branches et gros débris avant l’arrivée dans la cuve. Un préfiltre installé en amont de la cuve complète cette première étape.
Pour les usages intérieurs, le système de filtration de l’eau de pluie doit être renforcé. Un filtre à sédiments de 20 microns élimine les particules fines, suivi d’un filtre à charbon actif qui améliore le goût et l’odeur. Ces filtres se placent entre la pompe et les points d’utilisation.
Il faut savoir que la qualité de filtration dépend de l’usage prévu. L’arrosage du jardin nécessite uniquement une filtration grossière, tandis que l’alimentation du lave-linge demande une filtration plus fine pour protéger les mécanismes internes.
La pompe et la distribution de l’eau
La pompe pour alimenter le réseau d’eau devient indispensable pour les installations enterrées et les usages nécessitant une pression. Les pompes immergées se placent directement dans la cuve et fonctionnent automatiquement selon les besoins. Leur puissance varie de 750 watts à plusieurs kilowatts selon le débit et la hauteur de refoulement requis.
Le surpresseur combine une pompe et un réservoir sous pression pour maintenir une pression constante dans le réseau. Cette solution convient particulièrement aux installations alimentant plusieurs points d’utilisation simultanément. Le réservoir de surpression évite les démarrages fréquents de la pompe et prolonge sa durée de vie.
Le réseau de distribution doit être totalement séparé du réseau d’eau potable. Les canalisations d’eau de pluie se distinguent par une couleur différente et portent des étiquettes « eau non potable ». Un clapet anti-retour empêche tout retour d’eau de pluie vers le réseau public.
Les obligations réglementaires
L’usage de l’eau de pluie pour l’usage domestique intérieur nécessite une déclaration en mairie. Cette formalité permet aux services d’assainissement de connaître les volumes d’eau usée rejetés au réseau. Un compteur d’eau spécifique mesure les volumes d’eau de pluie utilisés à l’intérieur du logement.
La signalisation « eau non potable » doit être apposée sur tous les points d’utilisation d’eau de pluie à l’intérieur de la maison. Les robinets d’eau de pluie doivent être verrouillables et clairement identifiés. Cette mesure évite toute confusion et protège la santé des occupants.
Il convient de tenir un carnet sanitaire pour les installations d’usage intérieur. Ce document consigne les opérations d’entretien, les contrôles de qualité et les éventuels dysfonctionnements. L’utilisation de l’eau de pluie dans la maison reste soumise à ces obligations de traçabilité.
L’entretien du système
Le nettoyage des filtres constitue l’opération d’entretien principale. Les filtres d’entrée de cuve nécessitent un nettoyage deux fois par an, au printemps et à l’automne. Les filtres de sortie, plus fins, demandent un remplacement selon les recommandations du fabricant.
La vérification des gouttières et descentes pluviales garantit une collecte optimale. Il faut retirer régulièrement les feuilles et débris qui pourraient obstruer l’écoulement. L’inspection du trop-plein et des canalisations évite les débordements lors des fortes pluies.
L’hivernage concerne principalement les installations hors-sol. Dans les régions où le gel est fréquent, il est recommandé de vidanger partiellement la cuve et de protéger les canalisations. Les cuves enterrées, protégées par la terre, ne craignent généralement pas le gel.
Le dimensionnement et les coûts
La quantité d’eau stockée dans la cuve dépend de plusieurs facteurs : la surface de la toiture pour la récupération d’eau de pluie, la pluviométrie locale et les besoins en eau. Une toiture de 100 mètres carrés collecte environ 60 mètres cubes d’eau par an dans une région recevant 600 millimètres de pluie annuels.
Les coûts varient considérablement selon le type d’installation. Un système hors-sol pour l’arrosage coûte entre 200 et 800 euros, équipements compris. Une installation enterrée pour alimenter la maison représente un investissement de 3 000 à 5 000 euros, pose comprise.
Des aides financières peuvent réduire ces coûts. Certaines collectivités proposent des subventions ou des cuves à prix réduit. La TVA à taux réduit de 10 % s’applique aux travaux de rénovation réalisés par des professionnels dans des logements de plus de deux ans.
FAQ
Quelle autorisation faut-il pour installer un récupérateur d’eau de pluie ?
Aucune autorisation n’est nécessaire pour l’usage extérieur. Pour l’usage intérieur, une simple déclaration en mairie suffit, accompagnée de l’installation d’un compteur d’eau de pluie et du respect des normes de séparation des réseaux.
Combien de temps faut-il pour amortir l’installation ?
L’amortissement varie de 5 à 15 ans selon l’usage et le coût de l’eau locale. Les installations dédiées à l’arrosage s’amortissent plus rapidement, tandis que les systèmes complets nécessitent une période plus longue mais génèrent des économies plus importantes.
Peut-on utiliser l’eau de pluie pour remplir une piscine ?
Oui, l’eau de pluie convient au remplissage des piscines après filtration adaptée. Cette utilisation permet de réduire considérablement les coûts de remplissage et d’appoint, particulièrement pour les grandes piscines.
Que faire si la cuve se vide complètement ?
Les systèmes modernes intègrent une bascule automatique vers le réseau d’eau potable en cas de cuve vide. Cette fonction garantit la continuité de l’approvisionnement sans intervention manuelle, particulièrement importante pour les usages intérieurs.