En bref
- Les récupérateurs d’eau de pluie se déclinent en modèles hors-sol ou enterrés selon l’usage prévu
- La récupération d’eau pluviale autorise l’arrosage, le nettoyage extérieur et certains usages intérieurs réglementés
- Une déclaration en mairie devient obligatoire pour tout système de récupération d’eau connecté au réseau intérieur
- Le dimensionnement de la cuve dépend de la surface de toiture, des besoins et de la pluviométrie locale
Les usages autorisés de l’eau de pluie récupérée
Il faut savoir que l’eau de pluie collectée n’est pas potable et contient des contaminants provenant de la toiture. Les usages extérieurs incluent l’arrosage du jardin, le nettoyage des surfaces extérieures, le lavage des véhicules et l’alimentation des fontaines décoratives.
Pour les usages intérieurs, la réglementation autorise uniquement l’alimentation des WC, le lavage des sols et l’alimentation du lave-linge avec une filtration adaptée. Il est interdit d’utiliser cette eau pour la consommation, la cuisine, l’hygiène corporelle ou dans les pièces équipées de robinets d’eau potable, sauf au garage, en cave ou au sous-sol.
Attention : il est interdit de raccorder un système de récupération d’eau de pluie au réseau d’eau potable. Les canalisations doivent rester strictement séparées avec un clapet anti-retour obligatoire.
Choisir entre cuve hors-sol et cuve enterrée
Le choix du type de récupérateur d’eau de pluie dépend de l’usage prévu, de l’espace disponible et du budget. Les systèmes de récupération d’eau de pluie se déclinent en deux catégories principales.
Les récupérateurs hors-sol
Une cuve de récupération d’eau de pluie hors-sol convient pour l’arrosage du jardin et les usages extérieurs. Ces modèles offrent une capacité de 300 à 50 000 litres et s’installent facilement près d’une gouttière. Il est recommandé de positionner la cuve à l’abri du soleil pour éviter la prolifération d’algues.
L’installation d’un récupérateur d’eau de pluie hors-sol nécessite une surface plane et solide. Pour les cuves de plus de 5 000 litres, une dalle béton devient nécessaire pour répartir le poids. Le raccordement s’effectue via un collecteur équipé d’un filtre anti-débris fixé sur la gouttière.
Les cuves enterrées
Un système de récupération d’eau de pluie enterré permet de stocker de plus grandes quantités d’eau tout en restant discret. Ces installations conviennent pour alimenter la maison en eau de pluie destinée aux WC et au lave-linge. La capacité démarre généralement à 3 000 litres.
L’installation d’une cuve enterrée de récupération d’eau de pluie nécessite des travaux de terrassement et l’intervention d’un professionnel. Il faut prévoir une pompe immergée ou de surface avec surpresseur pour distribuer l’eau sous pression. Le raccordement doit présenter une pente de 1% pour éviter la stagnation.
Dimensionner son installation de récupération d’eau de pluie
Le calcul du volume nécessaire prend en compte plusieurs facteurs. La surface de toiture détermine la quantité d’eau récupérable, sachant qu’il est possible de stocker 80 à 90% des eaux pluviales collectées. Il convient d’évaluer ses besoins selon l’usage prévu.
Pour un jardin de 50 m², une cuve de 150 à 500 litres suffit généralement. Un jardin de 100 m² nécessite 500 à 1 500 litres. Si l’on souhaite arroser et laver sa voiture, il faut prévoir 1 500 à 3 000 litres. Pour des usages intérieurs et extérieurs combinés, les besoins atteignent 6 000 à 9 000 litres.
Bon à savoir : laver une voiture consomme environ 200 litres, l’arrosage nécessite 10 litres par m² et par jour, une machine à laver utilise 50 litres et les WC consomment 9 litres par chasse.
Installer un récupérateur d’eau de pluie hors-sol
L’installation d’un récupérateur d’eau de pluie hors-sol se réalise en plusieurs étapes. Il faut d’abord préparer un sol aplani et ferme, puis percer la gouttière et la cuve pour le raccordement. L’installation d’un récupérateur d’eau de pluie nécessite quelques outils de base.
Le collecteur se fixe sur la descente de gouttière avec son filtre intégré. Il convient de raccorder ensuite la cuve au collecteur et d’installer un robinet ou de raccorder au réseau de distribution. Un trop-plein permet d’évacuer l’excès d’eau vers le réseau d’évacuation ou un puisard.
Pour alimenter des équipements intérieurs, une pompe devient nécessaire. Trois types existent : la pompe immergée automatique, la pompe de surface et le surpresseur. Il est recommandé d’associer la pompe à un réservoir de surpression pour limiter les cycles de démarrage et d’arrêt.
Les obligations réglementaires et la déclaration
Il est obligatoire de déclarer en mairie toute installation de récupération d’eau de pluie raccordée au réseau intérieur. Cette déclaration doit préciser l’adresse de l’installation et le volume d’eau utilisé. Les services de l’eau potable peuvent effectuer des contrôles, les frais étant à la charge du propriétaire.
Il convient de respecter des règles strictes de signalisation. Tous les robinets et canalisations d’eau de pluie doivent porter la mention « eau non potable » de manière claire et visible. Les robinets doivent être verrouillables et il est interdit d’en installer dans les pièces équipées de points d’eau potable.
À noter : en cas de non-conformité, les autorités peuvent ordonner la fermeture du branchement. Les risques pénaux incluent jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende en cas de contamination du réseau d’eau potable.
L’entretien des systèmes de récupération d’eau de pluie
Un entretien régulier garantit la qualité de l’eau récupérée et la durabilité de l’installation. Il est recommandé de nettoyer la cuve deux fois par an en période sèche, en la vidant complètement et en la brossant avec du savon doux. Le collecteur et son filtre nécessitent également un nettoyage régulier.
Les gouttières doivent être nettoyées deux fois par an, davantage si des arbres se trouvent à proximité. Il convient d’installer des pare-feuilles pour limiter l’accumulation de débris. Un examen visuel annuel de l’ensemble de l’installation permet de détecter d’éventuels dysfonctionnements.
Il est interdit d’utiliser des produits antigel dans la cuve. Pour les installations hors-sol, il faut vidanger le système avant l’hiver dans les régions où le gel est fréquent. Les installations de récupération d’eau de pluie nécessitent la tenue d’un carnet sanitaire obligatoire.
Les coûts et aides financières disponibles
Le budget varie considérablement selon le type d’installation choisi. Un récupérateur d’eau de pluie hors-sol de 200 à 1 000 litres représente un investissement modéré, augmentant avec l’ajout d’une pompe. Une cuve enterrée de 3 000 litres coûte environ 1 800 euros TTC, sans compter le terrassement et les raccordements.
Une installation complète pour le jardin seul représente environ 3 000 euros HT posés, tandis qu’un système alimentant maison et jardin atteint 5 000 euros HT posés. Ces prix varient selon l’accès au terrain, la nature du sol et la complexité du réseau de distribution.
Certaines communes proposent des aides sous forme de subventions, de primes ou de matériel à prix réduit. Il convient de se renseigner en mairie avant l’achat. La TVA réduite à 10% s’applique sous conditions pour les travaux réalisés par un professionnel dans un logement de plus de 2 ans.
FAQ
Quel volume de cuve choisir pour alimenter les WC ?
Pour alimenter uniquement les WC, une cuve hors-sol de 400 litres convient en région pluvieuse. Dans les régions moins arrosées, il faut prévoir jusqu’à 1 000 litres. Si l’on souhaite également alimenter le lave-linge, une cuve enterrée de plus grande capacité devient nécessaire.
Peut-on installer soi-même un récupérateur d’eau de pluie ?
L’installation d’un récupérateur d’eau de pluie hors-sol se réalise facilement par un particulier bricoleur. En revanche, une cuve enterrée nécessite l’intervention d’un professionnel pour le terrassement, les raccordements et la mise en conformité réglementaire.
Quelle est la meilleure période pour installer une cuve ?
Il est recommandé d’installer un système de récupération d’eau de pluie avant les saisons pluvieuses, par temps sec pour faciliter les travaux. Cette période convient particulièrement pour les cuves enterrées nécessitant une dalle béton.